jeudi 27 novembre 2014

La décroissance est impossible, alors vive la croissance !

La croissance économique est-elle nécessaire ? Est-ce bien raisonnable en cette période de disette de vouloir continuer à investir dans de nouveaux aéroports ? Les entreprises qui dégagent des bénéfices en veulent toujours plus ! Voici un florilège des questionnements et déplorations que nombreux font ces derniers temps. Alors, doit-on vouloir aller de l'avant en créant toujours plus de valeur ?


La croissance économique s'explique tout d'abord par le seul fait de la croissance démographique. Ces 10 dernières années, la France a connu une augmentation moyenne de sa population de 0,6 % par an, pendant que le reste de la planète croissait dans le même laps de temps de 1,1 % chaque année. Rien qu'en France, la différence entre les naissances et les décès annuels se chiffre à environ 250 000.
Il convient donc que nous soyons capables d'absorber ce flux récurent de nouvelles bouches à nourrir en l'accompagnant d'une augmentation de richesses au moins équivalente. Nous sommes donc contraints, nous français, en souhaitant par ailleurs que le niveau de vie de chacun soit au minimum maintenu, à rechercher une croissance économique au minimum de 0,6 % par an. Et si l'on souhaite que la France ne perde pas de terrain vis-à-vis de sa représentativité mondiale et de sa capacité à "servir" la population mondiale, on peut même élever ce minimum à 1,1 %.

Au-delà de la croissance démographique
Bien sûr, déjà à ce niveau de discussion, se pose la question de la nécessité de maintenir le niveau de vie à son niveau actuel. Ce préambule est-il si indéboulonnable ? D'un point de vue sociétale, il semble utopique de vouloir demander aux individus de renoncer à leur confort et à leurs statuts en diminuant leurs trains de vie. En admettant que cela soit possible, de telles décisions mettraient de toute façon inévitablement la société en péril, créant dans un premier temps un surplus de capacité de production et donc un surplus de travail qui engendrerait immédiatement des taux de chômage importants.
L'autre solution consisterait à "figer" les valeurs des biens actuels et d'en interdire ainsi toute augmentation. Là aussi, la mission est plus qu'impossible, car il faut se souvenir de la cause de ces fameuses augmentations, encore appelées inflations, qui ne sont rien d'autre que le résultat d'un excès de demande par rapport à l'offre. Et là encore, le seul effet démographique implique à lui seul l'existence de ce mécanisme inflationniste. 
Donc, le simple fait que la population augmente génère non seulement un surplus de bouches à nourrir, mais également une hausse mécanique des prix par un accroissement de la demande. Il convient donc de rajouter à nos 1,1 % précédents, quelques % supplémentaires liés à cette inflation "naturelle". Mais attention, il convient en matière de croissance économique de raisonner en PIB réel, c'est-à-dire sans tenir compte de l'inflation des prix qui effectivement ne reflète pas d'une croissance de production de biens équivalente.

Progrès or not progrès ?
Donc, pour que l'on puisse se maintenir à un niveau de vie équivalent à celui de l'année passée, il faut que nous soyons en capacité à générer une croissance "réelle" de 1,1 % accompagnée d'une croissance "artificielle" de x % (dépendant du poids de la demande par rapport à l'offre). Et si l'on souhaite plus ? Plus que maintenir son niveau de vie. Que se passe-t-il si chaque individu de la population souhaite progresser ?

Que faut-il si ceux qui n'ont pas assez à manger puissent manger à leur faim, si ceux qui n'ont pas de logement puissent disposer d'un toit digne de ce nom, si ceux qui gagnent le SMIC veulent pouvoir s'habiller correctement, si ceux qui gagnent 2 fois le SMIC veulent pouvoir profiter de leur temps libre, si ceux qui gagnent 10 fois le SMIC, veulent offrir les plus grandes écoles à leurs enfants, et ceux qui gagnent 100 fois le SMIC, veulent investir une plus grande partie de leurs revenus dans l'emploi et donner ainsi une chance à ceux qui gagnent 10 fois le SMIC d'offrir les plus grandes écoles à leurs enfants, à ceux qui gagnent 2 fois le SMIC de pouvoir profiter de leur temps libre, à ceux qui gagnent le SMIC, de pouvoir s'habiller correctement, à ceux qui n'ont pas de logement de disposer d'un toit digne de ce nom, et à ceux qui n'ont pas assez à manger de manger à leur faim ?

Pour que cette chaîne vertueuse existe, il faut donc que nous rajoutions inévitablement à nos 1,1 + x % quelques autres y %, gonflant ainsi le chiffre inexorable de la croissance économique nécessaire au bon fonctionnement de notre société, et donc en conclure que oui, la croissance économique est nécessaire. Que oui, il est raisonnable, même en cette période de disette, de vouloir continuer à investir dans de nouveaux aéroports. Et que oui, les entreprises qui dégagent des bénéfices doivent toujours en dégager plus...

lundi 1 septembre 2014

Quand la politique rejoint le marketing

Nous savions déjà que les hommes politiques comptaient parmi les meilleurs marketeurs au Monde, et il semblerait que l'actualité mouvementée de ces dernières semaines en matière de gouvernance vienne le confirmer ... Enfin, à y regarder de plus près, peut-être que finalement ils ne maîtrisent pas toutes les facettes de cet art si cher à mes yeux. Il ne fait en effet nul doute que nos chers dirigeants sont d'excellents communiquants, d'excellents créateurs d'argumentaires et d'excellents "tueurs" de concurrents, mais possèdent-ils vraiment tous les fondamentaux qui feraient d'eux des experts marketing hors pair ? ... Il me semble personnellement, au vue des atermoiements des uns et des autres, gouvernants patentés, frondeurs, dissidents et autres poils à gratter de tout genre, que nous avons à faire ici à un affrontement tout autant idéologique que technico-commercial.

Stimuler la demande ou renforcer l'offre ?
Oui, les hésitations du moment, les prises de position plus ou moins affirmées de tout bord, peuvent finalement se résumer en une problématique bien connue en marketing : convient-il de mettre en place une stratégie de marketing de l'offre, ou une stratégie de marketing de la demande ?! En d'autres termes, faut-il favoriser la demande (comprenons la consommation et les consommateurs) ou bien encourager le développement de l'offre (comprenons les entreprises et les entrepreneurs) ? ... La croissance viendra-t-elle d'une offre plus alléchante et compétitive ou alors d'un pouvoir d'achat et d'une soif de consommation revigorés ? Telle est la question ...

Le(s) syndrome(s) de la poule
Insuffler un nouvel élan consumériste relève quasiment du célèbre dilemme de l'oeuf et de la poule. Lequel a-t-il donné naissance à l'autre ? Qui de l'offre ou de la demande parviendrait-il le mieux à relancer notre économie atone ? Peut-être pensez-vous à un autre adage populaire se référant lui aussi au milieu aviaire et qui nous recommande de ne pas mettre tous nos oeufs dans le même panier, et qui nous inciterait ainsi à favoriser l'un et l'autre, à encourager à la fois la consommation et l'offre, mais l'histoire nous a montré que le manque de conviction, le saupoudrage de demi-mesures, la politique du deux pas en avant, trois pas en arrière n'ont jamais fait de merveilles ... Choisir, c'est ce qu'il convient de faire. Choisir, même si cela nécessite de renoncer, et si cela réclame une prise de risques certaine.

Petit rappel
Souvenons-nous simplement des techniques de base que l'une ou l'autre des stratégies requiert. Le marketing de l'offre est avant tout une question de maîtrise de la communication et de l'innovation, alors que celui de la demande nécessite le déploiement d'études de marchés et le contrôle des coûts. Arriverons-nous à relancer l'économie en faisant preuve de créativité ou d'analyse ? Y réussirons-nous en ouvrant le champs des possibles ou en offrant la part belle à la rationalité ? Les entreprises sauront-elles créer une offre nouvelle et par voie de conséquence redistribuer la valeur ainsi générée aux consommateurs, ou les consommateurs sauront-ils acheter plus et fournir ainsi les moyens aux entreprises de créer plus  ? Qui saura amorcer la pompe ?  Politique de l'offre ou politique de la demande ? ...

mercredi 6 novembre 2013

Des innovations qu'il faudra bien digérer

Le cabinet américain McKinsey a récemment publié une étude prospective visant à identifier les secteurs technologiques qui grâce à leurs innovations pourraient, sinon transformer le monde, mais en tout cas créer de la richesse économique dans les 10 années à venir. Les transformations induites par ces technologies seront d'ailleurs probablement plus liées à l'organisation de la société autour d'elles qu'aux nouveaux usages qu'elles permettront. En effet, les évolutions attendues dans les 12 domaines identifiées par les analystes de McKinsey, seront certes génératrices de nouvelles perspectives économiques, mais elles seront également à l'origine de la disparition d'emplois qu'elles auront rendu obsolète. En somme, rien de bien nouveau, juste la répétition de ce que l'humanité a connu depuis fort longtemps : l'évolution ...

Les 12 secteurs innovants identifiés par McKinsey sont potentiellement générateurs de richesses très importantes qui se chiffrent en milliers de milliards de dollars par an.

  • Internet mobile : accroissement des capacités et baisse du coût de la connectivité entre Internet et les terminaux mobiles --> un business de 3 700 à 10 800 milliards de dollars / an d'ici 2025 (de 5 à 15% du PIB mondial !)
  • Automatisation du travail intellectuel : création de logiciels et de système intelligents aux capacités de jugement et de traitement de la connaissance affinées (Intelligence Artificielle) --> un business de 5 200 à 6 700 milliards de dollars / an d'ici 2025
  • Internet des objets communicants/connectés : création de réseaux de capteurs à bas prix collectant des données, les analysant et permettant d'agir en fonction --> un business de 2 700 à 6 200 milliards de dollars / an d'ici 2025
  • Informatique de nuage (cloud) : système d’hébergement des fichiers et services sur des serveurs distants --> un business de 1 700 à 6 200 milliards de dollars / an d'ici 2025
  • Robotique avancée : des robots aux sens, à la dextérité et à l’intelligence améliorés, utilisés pour automatiser davantage de taches --> un business de 1 700 à 4 500 milliards de dollars / an d'ici 2025
  • Véhicules autonomes : véhicules capables de se déplacer avec peu ou sans intervention humaine --> un business de 200 à 1 900 milliards de dollars / an d'ici 2025
  • Génomique nouvelle-génération : séquençage du génome amélioré, plus rapide et à moindre coût, grâce aux innovations dans l’analyse des données et la biologie synthétique --> un business de 700 à 1 600 milliards de dollars / an d'ici 2025
  • Stockage de l’énergie : systèmes et terminaux capables de stocker l’énergie en plus grande quantité et plus longtemps (essentiellement l'électricité) --> un business de 100 à 600 milliards de dollars / an d'ici 2025
  • Impressions 3D : technique de fabrication qui consiste à créer des objets de type prototypes depuis un modèle numérique en superposant de fines couches de matériaux --> un business de 200 à 600 milliards de dollars / an d'ici 2025
  • Matériaux avancés  : matériaux aux caractéristiques et fonctionnalités supérieures (dureté, résistance, durabilité, élasticité, conductivité...) --> un business de 200 à 500 milliards de dollars / an d'ici 2025
  • Exploration et forage avancés : techniques permettant l’exploitation de ressources pétrolifères et gazières jusqu’alors inaccessibles --> un business de 100 à 500 milliards de dollars / an d'ici 2025
  • énergies renouvelables : génération d'électricité à partir de sources renouvelables ayant un impact limité sur le climat --> un business de 200 à 300 milliards de dollars / an d'ici 2025
Associées les une aux autres, ces innovations auront bien entendu un impact direct sur les capacités globales de l'être humain. Capacités à être plus efficace mais aussi à l'être plus longtemps. Des maladies seront évitées, des handicapées retrouveront leur motricité, l'apprentissage sera amélioré, l'espérance de vie sera prolongée (on parle même d'immortalité ...). Toutes ne concerneront pas les individus et les organisations au même niveau, mais on peut tout de même s'arrêter sur quelques impacts marquants.

En 2025 :

- Il ne coûtera que 100$ et 1 heure de travail pour décrypter un génome humain
- 1.5 million de décès causés par des accidents de la route pourront potentiellement être évités grâce à l'usage de véhicules autonomes
- 2 à 3 milliards de personnes supplémentaires auront accès à Internet
- La production de pétrole aux Etats-Unis et au Canada pourrait être accrue de 100 à 200% grâce à la fracturation hydraulique et aux forages horizontaux
- La part des énergies solaire et éolienne pourrait atteindre 16% de la production globale d'électricité


Ces innovations, toujours d'après McKinsey, toucheront aussi bien les pays développés que ceux en voie de développement. Certaines impacteront d'ailleurs plus ces derniers :
 
  • Internet mobile : 50% pays développés / 50% pays en voie de développement
  • Automatisation du travail intellectuel : 80 - 20
  • Internet des objets communicants/connectés : 70 - 30 
  • Informatique de nuage (cloud) : 30 -70
  • Robotique avancée : 80 - 20
  • Véhicules autonomes : 80 - 20
  • Génomique nouvelle-génération : 80 - 20 
  • Stockage de l’énergie : 60 - 40
  • Impressions 3D : 60 - 40
  • Matériaux avancés  : 90 - 10
  • Exploration et forage avancés : 80 - 20 
  • énergies renouvelables : 20 - 80
Comme toute évolution, comme tout changement, ces innovations seront conformes au principe déjà énoncé par Schumpeter dès 1942 et baptisé "destruction créatrice". Nous devons nous y préparer. Tout comme l'invention de l'automobile a fait disparaitre des métiers liés au cheval, et le téléphone disparaitre les télégraphistes, et le e-commerce disparaître les caissières, la nature de nombreuses taches va changer, et des millions de personnes devront acquérir de nouvelles compétences. 
 Mais les experts de McKinsey souhaitent nous faire part de leur inquiétude de voir dans la décennie à venir un bouleversement majeur de la société lié à l’essor important de l’automatisation qui accroitrait le chômage et creuserait les inégalités entre les travailleurs très qualifiés et ceux qui auront reçu une formation de moindre qualité. Des métiers, aujourd'hui considérés comme essentiels, pourraient être remis en question, voir disparaître :
  • Les professeurs : que deviendront-ils lorsque les logiciels d’apprentissage seront si performants qu’ils seront considérés comme plus efficaces et moins chers ?
  • Les médecins et chirurgiens : que deviendront-ils lorsque des capteurs implantés dans notre corps nous tiendront au courant de notre état de santé et que des machines se chargeront de vous opérer ?
  • Les femmes de ménages et aides aux personnes : que deviendront-ils lorsque des robots domestiques pourront remplir la plupart de leurs taches ?
  • Les ouvriers, manutentionnaires et ingénieurs : que deviendront-ils lorsque l’automatisation du travail manuel et intellectuel les aura remplacés ou que l’imprimante 3D aura détruit certains écosystèmes industriels ?
  • Les chauffeurs de taxis, de bus ou de camions : que deviendront-ils lorsque les voitures seront autonomes ?
Ces innovations ne sont pas de la science fiction. Elles sont bien réelles. Elles sont génératrices de croissance et de progrès. En tous les cas selon les standards qui sont les nôtres depuis fort longtemps. Certaines seront brutales. A nous, à nos dirigeants, de les intégrer au mieux à notre écosystème social.

mardi 2 juillet 2013

L'innovation selon ce bon vieux Albert

On se rappelle sans doute plus d'Albert Einstein en tant que scientifique, fan de mathématiques et on l'imagine plongé dans tout un tas d'équations dont la compréhension ne peut s'appréhender que par un très petit nombre. Le père de la théorie de la relativité n'a pas laissé une image de pragmatique. Plutôt celle du savant fou qui peut tout faire péter à chaque instant par ses délires et ses visions à peine partageables. Et pourtant ...
Albert Einstein, par sa posture, son état d'esprit et son détachement est un véritable chantre de l'innovation. Une innovation très au service du progrès et de l'utilité. La preuve en quelques phrases savamment distillées et des plus sensées :

« La bureaucratie réalise la mort de toute action »
« L’imagination est plus importante que le savoir »
« Un problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé »
« Une personne qui n’a jamais connu d’erreurs n’a jamais tenté d’innover »
« Inventer, c’est penser à côté »
« Soit A un succès dans la vie. Alors A= x + y + z, où x = travailler, y = s’amuser, z = se taire »
Ces prises de position très pertinentes sont par ailleurs très intelligemment éclairées dans un article de Tancrède Blondé



vendredi 28 juin 2013

Les 7 meilleurs coups marketing du premier semestre 2013

Certains ont défrayé la chronique, fait le tour de la planète en quelques minutes à peine, d'autres n'ont concerné qu'un nombre restreint de personnes mais se sont toutefois avérés de véritables tours de maître, et ils ont tous mérité le statut d'énorme coup de pub ! Les 6 premiers mois de l'année, ne faisant en cela absolument pas exception aux autres périodes déjà écoulées ni aux autres à venir, ont vu passer un certain nombre de buzz plus ou moins bien orchestrés et à l'efficacité plus ou moins avérée. Personnellement, 7 d'entre eux ont particulièrement retenu mon attention, et je n'hésite pas à les qualifier des 7 meilleurs coups marketing du semestre (mais en même temps je n'ai pas la prétention d'avoir vu passer toutes les opérations susceptibles de rentrer dans ce Top 7 ...)

N°1 : la vrai-fausse fin d'une légende
Je parle bien entendu ici de l'énorme blague réalisée par les rois en la matière : la célèbre marque Carambar ! Vous vous souvenez probablement de leur annonce dès le 23 mars de remplacer leurs célèbres blagues par des informations plus sérieuses dès le ... 1er avril qui suivait. Le propriétaire de la marque, l'américain Mondelez (ex Kraft Foods), a décidé d'aller très loin dans la propagation de cette information, par ailleurs réservée au seul territoire français, en confiant à l'agence Fred & Farid la réalisation de plusieurs publicités virales du plus bel effet. Effet qui ne s'est d'ailleurs pas fait attendre, vu la vitesse à laquelle s'est propagée l'indignation causée par cette annonce considérée comme remettant en cause des décennies de souvenirs d'enfants. Avouez que faire un poisson d'avril dès le 23 mars était tout de même un pari osé, mais réussi.
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N°2 : des revenants pas très discrets
Si je vous dis "Random Access Memory", ça vous évoque quoi ? Oui, le dernier opus du groupe rock (est-il si rock'n roll que ça d'ailleurs ? ...) français Daft Punk. Groupe mythique des années 90 quelque peu tombé dans l'oubli depuis qui a su relancer sa carrière de manière fracassante en jouant à fond la carte Internet. Des rumeurs, des affiches mystérieuses, des mini clips de quelques notes frustrantes, des apparitions furtives dans les meilleures émissions télé, le culte du secret, ont su créer l'engouement de millions de personnes à travers le monde en à peine quelques semaines. Cette histoire est d'ailleurs très bien résumée sur le site Llllitl.fr.
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N°3 : un golden boy qui connait bien les ficelles
Celui là, vous n'avez pas pu passer à côté. Le roi David a défrayé la chronique pour l'espace de quelques mois en placardant sur tous les journaux et sites internet de France et de Navarre 3 simples mots : "Beckham au PSG". Tout a été dit et écrit au sujet de ce transfert très médiatisé (j'ai moi-même tenté d'en décrypter les tenants et aboutissants sur un autre article de ce blog), et je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'en rajouter ici ... Tapez donc "énorme coup marketing" sur Google et vous saurez tout ...
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N°4 : du football, encore du football ...
Certes, plus discret que le ramdam médiatique du roi David, l'apport publicitaire d'une autre figure du football mondial auprès de l'un de ses sponsors n'en a néanmoins pas été moins efficace. Je veux parler ici de l'apparition de Lionel Messi dans un costume du plus bel effet à magnifiques pois blancs signé Dolce & Gabbana lors de la remise de son trophée de meilleur joueur européen devant les télés du monde entier. Lui d'ordinaire plutôt discret (en tout cas lorsqu'il est à plus de 10m d'une surface de réparation), presque insignifiant et pas forcément l'icône la plus efficace en matière de porteur d'affiches, a d'autant plus été remarqué, et son magnifique costume par la même occasion, que personne ne l'attendait sur ce registre là ...

N°5 : Allo ... quoi
Certains la trouvent affligeante, d'autres probablement navrante, mais personne ne peut nier qu'elle restera l'une des personnes phare de ce début d'année. En simplement quelques mots prononcés sur un ton emprunt d'extrême sincérité, mais aussi avec l'aide de quelques autres attributs bien balancés (...), la désormais célèbre Nabila est rentrée au panthéon de la télé réalité (et donc de la télé tout court ...) et a très certainement été perçue comme beaucoup moins affligeante et navrante par ses employeurs de la chaîne NRJ12 ... Gageons que cela ne doit absolument rien au hasard et que tout cela est parfaitement voulu, contrôlé et dirigé par une armée de publicitaires (pardon de professionnels du casting) qui connaissent parfaitement leur métier.
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N°6 : Le roi du fast food en opération séduction
Souvent décrit comme un monstre de la mal bouffe et des effets néfastes de la mondialisation (j'ai un peu de mal à expliquer cela à ma fille ...), Mac Donald's a appris au fil du temps à redorer son blason à coups d'opérations visant à donner à l'enseigne une image d'entreprise responsable, respectueuse de l'environnement et qui sait parfaitement répondre aux attentes locales de ses consommateurs. C'est ainsi qu'en début d'année en Australie, ils ont lancé une vaste campagne marketing très remarquée aux antipodes qui a ni plus ni moins consisté à rebaptiser l'enseigne ! En une nuit, tous les Mac Do sont devenus pour le plus grand étonnement et le sourire de millions d'australiens Macca's, surnom que ces mêmes australiens lui ont donné depuis quelques années. Cette enseigne est restée quelques semaines fièrement arborée au fronton de chaque magasin. Fallait le faire non ?
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N°7 : Oprah au secours de Lance
A moins que ce ne soit le contraire à mieux y regarder ... La célèbre présentatrice de talk show outre-Atlantique Oprah Winfrey a en effet réussi un coup de maître, en pleine phase de lancement de sa propre chaîne de télévision, en obtenant les confessions exclusives du septuple vainqueur du Tour de France, Lance Armstrong, tout juste convaincu de dopage. La damné Lance a sauté sur l'occasion pour tenter de redorer son blason en faisant acte de rédemption, mais gageons que la véritable gagnante de cette opération vérité restera bien Mme Winfrey qui aura pu ainsi repasser sous les feux de la rampe qu'elle avait quelque peu quittés depuis plus d'un an.

vendredi 7 juin 2013

La crise, toujours la crise ...



Mais quand allons-nous sortir de cette crise ? Mais quand allons-nous retrouver confiance en nos institutions, nos entreprises, nos moyens, notre avenir ? ... J'ai un petit avis que j'aimerais bien confronter à votre sagacité et à l'avis des personnes éclairées qui s'arrêteront sur mes propos.



Une crise d'un certain âge ...
Il conviendrait peut-être dans un premier temps de reconnaître que la crise dure depuis fort longtemps. Je ne parle pas de celle qui s'étire depuis 2007 et qui occupe les esprits chagrins à la recherche de (faux) coupables et de "sauveurs" miraculeux, mais de La crise endémique dans laquelle nous sommes entrés, nous les pays dits industrialisés, depuis plus de 40 ans maintenant. Et oui, c'est en effet depuis le milieu des années 70 que nous connaissons une situation de sous-emploi dont nous n'arrivons pas à nous extraire ... Nous ne sommes en effet, en France, jamais descendus sous la barre des 2 millions de chômeurs depuis 1990, et avons franchi le seuil du million en 1977 ... Nous sommes bien rentrés en crise depuis de nombreuses années et personne n'a su enrayer le mouvement pendant qu'il en était encore temps.

Une crise d'un âge certain !
Un autre indicateur, en pleine croissance lui aussi, a mis la puce à l'oreille de certains analystes quant à la raison première de cette situation. Le grand coupable serait le vieillissement ... Nous n'avons pas su anticiper les effets de l'allongement de nos vies sur notre organisation et sur le déséquilibre qu'il produit irrémédiablement. Ne serait-ce qu'en France, l'âge médian (qui exprime qu'il y a autant de personnes au dessus qu'en dessous de cet âge) est passé de 36,3 ans en 2000 à 39,5 en 2013. Près de 9% d'augmentation en 13 ans ... A noter qu'en Chine il est déjà de 32 ans, à peu près ce qu'il était en France en 1970,  alors qu'il n'est encore que de 24 ans en Inde.
Et alors, me direz-vous, en quoi le vieillissement de nos populations serait-il un tel obstacle au bon déroulement de notre économie ? On dit bien que ce sont pourtant les seniors qui ont les pouvoirs d'achat les plus importants, et qu'ils devraient donc être en mesure de réinjecter un élan consumériste salvateur. Et bien évidemment, mais malheureusement en y regardant de plus près, cet effet potentiel se trouve réduit à néant à cause de plusieurs petits "détails" :
- Les individus plus âgés ont tendance à moins consommer de produits manufacturés et plus de services (qui ne sont ni importables ni exportables, en tous cas pas aussi aisément que des produits),
- Les prix des services augmentant plus rapidement que ceux des produits manufacturés, et les individus observant ce phénomène, ils ont tendance à plus épargner qu'à consommer, 
- L'épargne se produit donc lorsque l'on est actif et la "désépargne" lorsque l'on est à la retraite. Et si l'on considère que l'épargne est là pour financer le capital des entreprises et des collectivités, on peut légitimement être inquiet de l'accélération de ces "désépargnes"
Bref, le vieillissement serait la cause première de l'importance qui a été donnée ces dernières décennies à la finance plus qu'à la productivité.

Messieurs les Marketeurs, Mesdames les marketrices, à vous de jouer 
Pourtant de nombreux efforts ont été entrepris pour favoriser l'essor du service à la personne, du tourisme, et même de l'implantation de maisons de retraite. Oui, sans doute ... Des services, encore des services ... Il est probablement temps que des entrepreneurs soient encouragés, incités et chouchoutés pour innover en matière de produits que les anciens s'arracheront afin qu'ils participent ainsi, à la hauteur de leur grand nombre et de leurs économies, au redressement productif (sic ...) de la planète. Même les chinois, si souvent montrés en exemple en matière d'essors industriel, semblent devoir faire face ces derniers temps à l'afflux de seniors dont ils ne savent plus trop quoi faire suite à leur politique de l'enfant unique, en se penchant sérieusement sur leur cas. Je souhaite sincèrement que ceux que l'on affuble si communément du sobriquet de copieurs, ne s'inspirent pas de nos errances et aveuglements. Peut-être réussiront-ils là où nous avons échoué, en sachant donner un rôle beaucoup plus actif à leurs anciens, un rôle qui saura les mettre dans une véritable situation de consommateur en lien avec les atouts de leur pays, et non les abandonner au simple rôle de "dépenseurs" subventionnés ...

Je vais m'enfermer pendant plusieurs semaines dans mon bureau, mettre en branle mon savoir-faire marketing, pour réfléchir à des produits innovants qui sauront inciter nos personnes âgées à continuer d'alimenter la pompe et non à continuer à la désamorcer ... Je vous donnerai de mes nouvelles prochainement ...

samedi 1 juin 2013

Mon premier cinémagraph !!

J'avais il y a quelque temps ici, fait la part belle à des images très esthétiques utilisant la technique dite du cinémagraph, que l'on appelle aussi souvent sous le vocable plus technique de gif animé.

Et bien, je viens de réaliser pour la première fois mon propre cinémagraph ! Ou pour être plus honnête, Samsung a réalisé pour moi mon premier cinémagraph ... J'ai en fait tout simplement découvert que l'appareil photo intégré au dernier né des smartphones de la marque (le Galaxy S4 pour ne pas le nommer ...) rendait possible cette possibilité, et ce en un tour de clic et deux ou trois petits coups de doigt magiques sur l'écran tactile. 
Vraiment, nous n'avons absolument plus aucune excuse pour se contenter de visuels médiocres et insipides pour accompagner nos communications ...